Pourquoi le lapin de garenne disparaît peu à peu de nos campagnes

Lapin de garenne devant sa garenne dans une prairie française
Lapin de garenne devant sa garenne dans une prairie française
Autrefois omniprésent dans les campagnes françaises, le lapin de garenne est aujourd'hui devenu beaucoup plus discret. Maladies, disparition des habitats et évolution des paysages agricoles expliquent son déclin. Pourtant, cette espèce reste indispensable à la biodiversité, et de nombreuses actions sont menées pour favoriser son retour.

Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) est sans doute l’un des animaux les plus emblématiques des paysages ruraux français. Originaire de la péninsule Ibérique et du sud-ouest de la France, il s’est progressivement installé dans une grande partie de l’Europe avant d’être introduit sur plusieurs continents.

En France, il demeure principalement présent dans les régions au climat tempéré, les plaines agricoles, les dunes littorales, les landes et certains secteurs périurbains où subsistent encore des habitats favorables.

Bien plus qu’un simple gibier, le lapin de garenne constitue une espèce essentielle pour de nombreux prédateurs naturels comme le renard, les rapaces, le putois ou la genette, participant ainsi à l’équilibre des écosystèmes.

Un animal parfaitement adapté aux milieux ouverts

Le lapin affectionne les paysages alternant prairies, friches, haies, talus et bosquets. Et, il vit au sein de réseaux de terriers complexes appelés garennes, véritables refuges où il élève ses petits et se protège des prédateurs comme des intempéries.

Principalement actif au lever et au coucher du soleil, il se nourrit d’herbes, de jeunes pousses, de céréales, de feuilles et, durant l’hiver, d’écorces ou de rameaux.

Mais surtout, sa capacité de reproduction est remarquable. Car une femelle peut mettre au monde plusieurs portées chaque année. Ce qui permet aux populations de se reconstituer rapidement lorsque les conditions environnementales sont favorables.

Pourquoi les populations de lapins de garenne ont-elles autant diminué ?

Le déclin du lapin de garenne est l’une des évolutions les plus marquantes de la faune sauvage française depuis la seconde moitié du XXᵉ siècle.

Le premier choc intervient avec l’apparition de la myxomatose dans les années 1950. Cette maladie virale provoque une mortalité spectaculaire qui décime des millions de lapins.

À partir des années 1980, une seconde épidémie frappe les populations : la maladie hémorragique virale (VHD ou RHD), particulièrement virulente, dont plusieurs variantes continuent aujourd’hui de circuler.

À ces maladies s’ajoutent d’autres facteurs :

  • l’intensification des pratiques agricoles ;
  • la disparition des haies et des friches ;
  • l’urbanisation ;
  • la fragmentation des habitats ;
  • une pression de prédation parfois importante sur les populations les plus fragiles.

Les chasseurs participent activement au retour du lapin de garenne

Face à cette régression, les fédérations départementales des chasseurs, les associations de gestion cynégétique et plusieurs gestionnaires d’espaces naturels multiplient les programmes de restauration.

Ces actions reposent notamment sur :

  • la création de garennes artificielles ;
  • les lâchers de lapins issus de souches sanitaires contrôlées ;
  • la plantation de haies et de couverts favorables ;
  • la restauration des friches ;
  • la limitation des dérangements pendant la reproduction ;
  • une gestion locale des prédateurs lorsque cela est scientifiquement justifié et réglementairement autorisé.

L’objectif n’est pas seulement de retrouver un gibier abondant, mais également de restaurer une espèce essentielle au fonctionnement des milieux naturels.

Une chasse désormais étroitement liée à la gestion des populations

Le lapin de garenne reste un gibier particulièrement apprécié des chasseurs, même si sa raréfaction a profondément modifié les pratiques.

La chasse se pratique principalement avec des chiens courants ou des chiens leveurs dans les milieux semi-ouverts. La chasse au furet, très ancienne et particulièrement efficace pour faire sortir les lapins des terriers, demeure également pratiquée dans certaines régions, dans le respect de la réglementation locale.

Aujourd’hui, la majorité des territoires adaptent leurs prélèvements à l’état réel des populations. Cette gestion raisonnée contribue à préserver l’espèce tout en permettant la poursuite d’une tradition cynégétique profondément ancrée dans les campagnes françaises.

Un patrimoine naturel à préserver

Le lapin de garenne est bien plus qu’un simple petit gibier. Il représente une part importante du patrimoine naturel et cynégétique français. Sa disparition progressive rappelle combien les équilibres écologiques restent fragiles face aux maladies, à la transformation des paysages et aux activités humaines.

Préserver le lapin de garenne, c’est aussi protéger toute une biodiversité qui dépend directement de sa présence et transmettre aux générations futures une espèce qui a longtemps fait partie du quotidien de nos campagnes.

Le saviez-vous ? En quelques décennies, le lapin de garenne est passé du statut d’espèce très abondante à celui d’animal devenu rare dans de nombreuses régions françaises. Son déclin a des répercussions sur de nombreux prédateurs qui dépendent de lui pour se nourrir.

Pourquoi le lapin de garenne disparaît-il ?

Le déclin du lapin de garenne est principalement dû à la myxomatose, à la maladie hémorragique virale (VHD), à la disparition des haies et des friches, ainsi qu’à l’évolution des pratiques agricoles et à la fragmentation des habitats.


Où vit le lapin de garenne ?

Le lapin de garenne fréquente les prairies, les friches, les dunes, les landes et les zones agricoles offrant des haies et des talus où il peut creuser ses terriers.

Le saviez-vous ?
Le lapin de garenne ne vit pas uniquement dans les campagnes. On le retrouve aussi sur certains aéroports, où les vastes espaces enherbés lui offrent des conditions favorables. Sa présence peut toutefois poser des problèmes de sécurité aérienne en raison des terriers qu’il creuse et parce qu’il attire des prédateurs, notamment des rapaces. Il est chassé souvent « au vol » par des fauconniers.


Quel est le rôle du lapin de garenne dans la biodiversité ?

Le lapin constitue une proie essentielle pour de nombreux prédateurs comme le renard, les rapaces, le putois ou la genette. Il participe également au maintien de certains milieux ouverts.


Les chasseurs participent-ils à la sauvegarde du lapin de garenne ?

Oui. Les fédérations départementales des chasseurs et les sociétés de chasse réalisent des aménagements favorables à l’espèce : création de garennes artificielles, plantation de haies, restauration des habitats et gestion raisonnée des prélèvements.


Peut-on encore chasser le lapin de garenne ?

Oui, mais uniquement lorsque les populations locales le permettent et conformément à la réglementation en vigueur. De nombreux territoires adaptent ou suspendent les prélèvements lorsque les effectifs sont insuffisants.

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