Que font les chasseurs en été ? Les coulisses d’une saison bien plus active qu’on ne l’imagine

un chasseur observant un chevreuil au lever du soleil
un chasseur observant un chevreuil au lever du soleil
Chaque été, lorsque la plupart des promeneurs profitent des vacances, certains s'étonnent de croiser des chasseurs au lever du jour. Pourtant, la saison n'a pas encore commencé. Alors, pourquoi sont-ils déjà sur le terrain ? Derrière cette présence discrète se cache un travail souvent méconnu, indispensable à la préparation de la nouvelle saison et à la gestion de la faune sauvage.

On croit les chasseurs en vacances l’été… c’est pourtant l’une des périodes où ils travaillent le plus

Le jour se lève… et les chasseurs sont déjà dehors

Il est à peine cinq heures du matin. La rosée recouvre encore les prairies lorsque quelques silhouettes apparaissent à la lisière d’un bois. Jumelles autour du cou, carnet en poche, parfois accompagnés d’un chien, ces chasseurs ne sont pas venus prélever du gibier. Ils observent, comptent, notent et surveillent.

Cette scène se répète partout en France durant l’été. Beaucoup de personnes s’interrogent : pourquoi les chasseurs sont-ils présents alors que l’ouverture n’a pas encore eu lieu ?

La réponse est simple : l’été est l’une des périodes les plus importantes de l’année pour préparer la saison suivante.


Observer la faune avant toute décision

Avant de parler de chasse, il faut d’abord connaître les populations animales présentes sur un territoire.

Tout au long de l’été, des comptages sont organisés afin d’estimer les effectifs de chevreuils, de cerfs, de sangliers ou encore de petit gibier selon les régions. Ces observations permettent de mieux comprendre l’évolution des populations, le succès de la reproduction ou encore l’état sanitaire des animaux.

Ces données constituent une base essentielle pour définir une gestion adaptée, en lien avec les services de l’État et les fédérations départementales des chasseurs.


Une présence indispensable auprès des agriculteurs

L’été correspond également à une période sensible pour les cultures agricoles.

Maïs, tournesol, blé ou prairies attirent de nombreuses espèces sauvages, notamment les sangliers, dont les dégâts peuvent être importants.

Les chasseurs effectuent alors de nombreuses tournées afin de repérer les secteurs les plus exposés, échanger avec les agriculteurs et mettre en place des actions de prévention ou des interventions lorsque la réglementation le permet.

Cette présence régulière contribue à limiter les dommages et à intervenir rapidement lorsque la situation l’exige.


Préparer les territoires avant l’ouverture

Un territoire de chasse ne s’improvise pas.

L’été est consacré à l’entretien de nombreux aménagements : réparation des miradors, vérification des pancartes de sécurité et d’information, débroussaillage des accès, remise en état des chemins, entretien de certaines mares, plantations de haies ou de couverts favorables à la biodiversité.

Ces travaux profitent à l’ensemble de la faune sauvage, bien au-delà des seules espèces chassables.


Les chiens aussi se préparent

Pour les propriétaires de chiens de chasse, l’été marque également le retour progressif des entraînements.

Sans solliciter excessivement les animaux durant les fortes chaleurs, les conducteurs reprennent les exercices d’obéissance, le travail du rappel, la condition physique ou encore certaines séances spécifiques selon les disciplines pratiquées.

L’objectif est de retrouver progressivement les automatismes avant les premières sorties de la saison.


Vérifier son matériel avant les premières sorties

Comme dans de nombreuses activités de plein air, la préparation du matériel fait partie des étapes incontournables.

Les chasseurs profitent souvent de l’été pour contrôler leurs équipements, vérifier le bon fonctionnement de leurs optiques, entretenir leurs armes et effectuer des séances de réglage sur les stands de tir.

Ces vérifications participent directement à la sécurité et à la précision des futurs tirs.


Sauver la faune avant les moissons

L’été est également marqué par des opérations largement relayées ces dernières années : le sauvetage des jeunes animaux avant les récoltes.

Grâce à des drones équipés de caméras thermiques, mais aussi à une étroite collaboration avec les agriculteurs, de nombreux faons sont localisés avant le passage des engins agricoles.

Cette mobilisation illustre une facette encore peu connue de l’engagement des chasseurs en faveur de la faune sauvage.


Préparer une saison qui ne s’improvise jamais

Lorsque l’ouverture approche, tout est déjà prêt.

Les territoires ont été entretenus, les chiens sont remis en condition, les comptages réalisés, les équipements vérifiés et les équipes organisées.

La chasse n’est donc pas une activité qui commence le jour de l’ouverture. Elle se prépare pendant plusieurs mois, souvent dans l’ombre, grâce au travail de milliers de bénévoles qui consacrent une partie de leur été à leur territoire.


Une réalité souvent méconnue

Vu de l’extérieur, l’été pourrait laisser penser que les chasseurs sont en vacances. La réalité est bien différente.

Entre suivi des populations, entretien des milieux, collaboration avec les agriculteurs, préparation des chiens, vérification des équipements et actions en faveur de la biodiversité, cette période constitue l’un des moments les plus intenses de l’année.

Un travail discret, rarement mis en lumière, mais indispensable pour concilier sécurité, connaissance de la faune et gestion durable des territoires.


« Le saviez-vous ? »

En plein été, la majorité des heures passées par les chasseurs sur le terrain ne sont pas consacrées à la chasse elle-même, mais à la préparation, à l’observation et à la gestion des territoires.

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