Ouverture de la chasse 2026 : sécheresse, incendies… une saison sous le signe des incertitudes

Chasseur observant un territoire desséché avant l'ouverture de la chasse 2026
Chasseur observant un territoire desséché avant l'ouverture de la chasse 2026
À l’approche de l’ouverture de la chasse 2026-2027, les chasseurs s’apprêtent à retrouver des territoires parfois durement éprouvés par l’été. Sécheresse, incendies, manque d’eau et restrictions d’accès à certains massifs soulèvent une question : dans quelles conditions débutera réellement cette nouvelle saison cynégétique ?

À quelques semaines de l’ouverture générale de la chasse 2026-2027, une question dépasse cette année le traditionnel compte à rebours des chasseurs : dans quel état retrouveront-ils leurs territoires ? Après un été marqué par une sécheresse exceptionnelle, des cours d’eau à sec et des incendies parfois dévastateurs, l’ouverture pourrait prendre une tonalité particulière dans plusieurs départements. Plus que jamais, les conditions locales et les décisions préfectorales seront à surveiller.

Une ouverture 2026 dans un contexte environnemental exceptionnel

Septembre approche et, avec lui, l’ouverture générale de la chasse dans une grande partie de la France.

Mais la saison de chasse 2026-2027 ne se prépare pas tout à fait comme les précédentes.

L’été a durement éprouvé de nombreux territoires. Sécheresse, températures élevées, végétation desséchée, diminution de la ressource en eau et incendies ont profondément marqué certains milieux naturels.

Les données publiées début août par l’Office français de la biodiversité (OFB) illustrent l’ampleur de la situation.

Au 1er août 2026, 1 373 petits cours d’eau suivis par le réseau ONDE étaient concernés par des ruptures d’écoulement ou des assecs. La dégradation s’est fortement accélérée au cours du mois de juillet.

Sur le terrain, le constat est déjà perceptible. Pour Pascal M, chasseur (Yvelines/Essonne), la situation diffère nettement de celle observée l’année dernière.

« Plusieurs points d’eau que nous connaissons depuis des années sont aujourd’hui complètement secs. » La végétation a énormément souffert ainsi que les cultures de maïs qui manquent cruellement d’eau.

Pour l’OFB, la situation observée à la fin juillet est exceptionnelle : 43 % des observations relevaient d’une rupture d’écoulement ou d’un assec, constituant la situation la plus critique jamais enregistrée à cette période par ce réseau de surveillance.

Une situation qui dépasse même celle observée lors de la sécheresse de 2022.

Des territoires et une faune soumis au stress hydrique

Pour le chasseur qui retrouvera son territoire à l’ouverture, ces chiffres ne sont pas abstraits.

Un ruisseau qui ne coule plus, une mare asséchée, une végétation brûlée par le soleil ou un sous-bois devenu extrêmement sec modifient directement les conditions de vie de la faune sauvage.

Tous les territoires ne sont évidemment pas touchés avec la même intensité.

Mais l’état de la ressource en eau et des habitats devra probablement faire partie des observations essentielles de cette rentrée cynégétique.

Avant même de parler de tableaux de chasse, l’ouverture 2026 pourrait ainsi commencer par une question simple :

dans quel état avons-nous retrouvé notre territoire ?

Le risque d’incendie s’invite également dans la saison

La sécheresse pose un second problème : celui des feux de forêt.

Plusieurs départements ont dû renforcer cet été leurs mesures de prévention.

Dans l’Aude, par exemple, la préfecture évoquait début août une situation particulièrement préoccupante, caractérisée par une sécheresse exceptionnelle de la végétation, des conditions météorologiques favorables à la propagation des incendies et plusieurs feux majeurs.

Certains massifs forestiers ont donc été fermés au public.

Fontfroide, les Pinèdes de Crémade, la Clape ou encore la Pinède Lézignanaise font notamment l’objet de mesures de fermeture estivale pouvant aller jusqu’au 31 août, avec possibilité de prolongation selon l’évolution du risque.

À quelques semaines de l’ouverture générale, la situation devra donc être examinée territoire par territoire.

En Gironde aussi, le risque incendie modifie déjà les pratiques

La Gironde fournit un autre exemple particulièrement parlant.

Début août, le département est passé en vigilance orange pour le risque de feux de forêt.

Dans les espaces exposés des communes à dominante forestière, plusieurs restrictions ont alors été mises en place, notamment concernant la présence humaine et certaines activités pendant les heures les plus sensibles.

Le dispositif prévoyait néanmoins des exceptions, notamment pour certaines interventions cynégétiques liées à la régulation du sanglier et à la prévention des dégâts agricoles.

Cette situation rappelle une réalité essentielle : il n’existe pas une seule situation nationale applicable uniformément à tous les chasseurs.

Le risque peut évoluer rapidement et les mesures applicables dépendent des décisions prises localement.

L’ouverture de la chasse ne se décide pas partout à la même date

Parler de « l’ouverture de la chasse » au niveau national peut d’ailleurs être trompeur.

Les périodes d’ouverture et de fermeture sont précisées chaque année par les préfets dans le cadre fixé par le Code de l’environnement, et certaines espèces bénéficient de périodes particulières ou d’ouvertures anticipées.

Dans les Ardennes, par exemple, l’arrêté préfectoral pour la saison 2026-2027 rappelle que l’ouverture générale de la chasse à tir doit s’inscrire dans la période réglementaire prévue et fixe les modalités applicables dans le département.

D’autres départements disposent de calendriers différents.

Avant toute sortie, le premier réflexe reste donc de consulter l’arrêté préfectoral du département concerné ainsi que les informations diffusées par la fédération départementale des chasseurs.

Faut-il adapter les pratiques lorsque le milieu est fragilisé ?

C’est probablement là que se trouve la véritable question de cette ouverture 2026.

Respecter la réglementation constitue évidemment le préalable.

Mais lorsque les conditions deviennent exceptionnelles, la responsabilité du chasseur peut-elle s’arrêter au seul respect de la réglementation ?

Un territoire particulièrement sec, des points d’eau disparus ou une zone récemment touchée par un incendie peuvent justifier une réflexion locale sur les pratiques.

Cela ne signifie pas qu’il faudrait décréter uniformément le report de la chasse en France.

Une telle conclusion serait beaucoup trop simpliste tant les situations diffèrent d’un département, voire d’un territoire, à l’autre.

En revanche, observer avant de prélever pourrait prendre cette année une importance particulière.

Le chasseur est aussi un observateur du territoire

Les chasseurs disposent d’un avantage considérable : leur connaissance du terrain.

Ils connaissent leurs bois, leurs plaines, leurs haies et leurs points d’eau. Ils savent généralement reconnaître une modification inhabituelle d’un milieu qu’ils parcourent depuis plusieurs années.

L’ouverture constitue donc également une occasion d’observer.

Quels points d’eau ont disparu ?

Quels secteurs ont le plus souffert ?

La présence du gibier a-t-elle évolué ?

Certaines zones offrent-elles encore suffisamment de tranquillité ?

Des secteurs récemment incendiés nécessitent-ils une attention particulière ?

Ces observations locales peuvent être beaucoup plus instructives qu’une appréciation générale de la situation française.

Une ouverture placée sous le signe de la responsabilité

La chasse française a toujours dû composer avec les évolutions des populations animales, des paysages et des conditions météorologiques.

L’année 2026 pourrait toutefois rappeler avec une force particulière que la pratique de la chasse dépend avant tout de la qualité des milieux naturels.

Sans eau, sans habitats fonctionnels et sans biodiversité, il n’existe pas de gestion cynégétique durable.

La sécheresse et les incendies de cet été ne doivent donc pas nécessairement conduire à opposer chasse et protection de la nature.

Ils peuvent au contraire constituer une invitation à replacer l’observation du territoire au centre de la pratique.

Une saison 2026-2027 qui commencera territoire par territoire

À l’approche de l’ouverture, il serait donc hasardeux de dresser un constat identique pour toute la France.

Certains territoires auront relativement bien traversé l’été. D’autres auront été profondément marqués par le manque d’eau ou les incendies.

Et les conditions peuvent encore évoluer d’ici septembre.

Pour les chasseurs, trois réflexes devraient donc précéder les premières sorties : consulter les arrêtés préfectoraux, suivre les informations des fédérations départementales et observer attentivement l’état réel du territoire.

Car l’ouverture de la chasse 2026 ne se résumera peut-être pas cette année à demander :

« Combien de gibier allons-nous voir ? »

Une autre question pourrait être tout aussi importante :

« Dans quel état allons-nous retrouver la nature ? »

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