Chasse à la palombe : le pigeon ramier, un gibier incontournable

Chasse du pigeon en France et en Irlande
Chasse du pigeon en France et en Irlande

Chasse à la palombe : le pigeon ramier, un gibier incontournable

Chasse du pigeon ou chasse à la palombe ? La question revient souvent chez les chasseurs comme chez les passionnés de nature. Pourtant, il s’agit bien du même oiseau : le pigeon ramier, scientifiquement nommé Columba palumbus.
Dans le Sud-Ouest de la France, on le surnomme traditionnellement la palombe, tandis que dans le reste de l’Hexagone, on parle plus volontiers de pigeon ramier.

Autrefois considéré comme un oiseau migrateur, le pigeon ramier voit aujourd’hui ses effectifs exploser, avec une tendance marquée à la sédentarisation sur une grande partie du territoire français.


Des populations sédentaires en forte augmentation

Pourquoi observe-t-on un tel changement de comportement chez cet oiseau emblématique, parfois appelé « l’oiseau bleu » ?
Plusieurs facteurs semblent expliquer cette évolution.

Un migrateur… pas toujours

Le pigeon ramier est un migrateur partiel. Les populations originaires du Nord et de l’Est de l’Europe (Scandinavie, Europe centrale et orientale) migrent traditionnellement vers le Sud de l’Europe — France, Espagne, Portugal — pour passer l’hiver. Cette migration des palombes a lieu principalement à l’automne.

En revanche, les populations vivant sous des climats plus tempérés ont toujours été davantage sédentaires. Aujourd’hui, avec des hivers de plus en plus doux en France, les grandes migrations tendent à se raréfier. Ainsi cela laisse place à des populations locales installées toute l’année.


Une alimentation abondante, moteur de la sédentarisation

L’autre facteur clé est alimentaire. Le pigeon ramier est essentiellement herbivore, se nourrissant de feuilles, graines, baies, bourgeons, fleurs et racines, mais aussi d’invertébrés comme les insectes ou les vers.

On estime qu’une palombe consomme en moyenne 50 grammes de graines par jour. Rapporté à des groupes de plusieurs centaines, voire milliers d’oiseaux, l’impact devient considérable. Il suffit d’imaginer les dégâts causés par une centaine de pigeons dans un champ de maïs ou de colza.

Oiseau grégaire et social, le pigeon ramier vit en groupes pouvant rassembler plusieurs dizaines de milliers d’individus. La journée, ils se déplacent ensemble pour s’alimenter, puis rejoignent le soir des dortoirs communs.

Blé, maïs, pois, féverolles, colza, fruits d’été ou glands en automne : le menu est varié et surtout disponible toute l’année en France, notamment avec l’essor de la culture du maïs.


Chasse du pigeon : un véritable changement de culture

Résultat : la palombe se fixe durablement en France et sa population ne cesse de croître. Il y a encore quelques décennies, le Columba palumbus nichait très peu dans le Sud-Ouest et ne s’y reproduisait quasiment pas.

Aujourd’hui, la situation est radicalement différente. Les effectifs nicheurs en France, estimés entre 2,5 et 3,5 millions d’individus, ont augmenté de plus de 150 % en 30 ans.

Autrefois, les grandes migrations traversant la France pour franchir les Pyrénées vers l’Espagne et le Portugal étaient spectaculaires. Désormais, elles deviennent plus rares, tandis que les populations sédentaires françaises explosent.

Les hivers plus doux, combinés à une agriculture intensive et à des années très favorables aux cultures — comme la saison 2023/2024, marquée par une forte humidité et une abondance de fruits forestiers (glands de chênes notamment) — ont clairement contribué à « fixer » les pigeons.


Palombe et agriculture : un enjeu majeur

Pour de nombreux agriculteurs, le pigeon ramier est devenu, au même titre que le sanglier, un véritable fléau pour les cultures, engendrant des pertes économiques importantes.

C’est pourquoi le pigeon ramier est classé en France parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD – catégorie 3), dans une majorité de départements, aux côtés du sanglier et d’autres « nuisibles ». Renseignez vous auprès de votre fédération ou de votre président de chasse, car il peut être possible de le chasser après la fermeture générale.

A noter que l’Irlande et l’Angleterre sont également d’excellentes destinations pour la chasse du pigeon.

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