Maladie d’Aujeszky : quels risques pour les chiens de chasse et les sangliers ?
Qu’est-ce que la maladie d’Aujeszky ?
La maladie d’Aujeszky, aussi appelée pseudo-rage, est provoquée par un herpèsvirus porcin. Elle touche principalement les suidés, notamment le porc domestique et le sanglier.
En France, la maladie est éradiquée dans les élevages porcins professionnels. Mais elle circule toujours dans la faune sauvage, en particulier chez le sanglier. Les populations de sangliers constituent aujourd’hui le principal vecteur et réservoir et du virus.
Contrairement à la rage, la maladie d’Aujeszky (ou SHV-1) :
-
n’est pas transmissible à l’homme
-
n’entraîne pas de risque sanitaire pour la consommation de viande cuite
-
reste en revanche extrêmement dangereuse et mortelle pour les chiens
Pourquoi la maladie d’Aujeszky inquiète les chasseurs ?
1️⃣ Le chien de chasse : victime collatérale
Le chien se contamine généralement :
-
en mordant un sanglier infecté
-
en consommant des abats crus
-
par contact direct avec du sang ou des sécrétions
Une fois infecté, l’évolution est rapide et dramatique :
-
démangeaisons intenses (souvent au niveau de la tête)
-
troubles nerveux
-
salivation excessive
-
agitation puis paralysie
-
décès en 24 à 72 heures
Il n’existe aucun traitement curatif ni vaccin autorisé pour les chiens en France.
Pour les équipages spécialisés dans la chasse du sanglier ou les battues en zones à forte densité, le risque n’est pas théorique.
Le sanglier : porteur sain mais réservoir viral
Le sanglier peut être porteur du virus sans présenter de symptômes visibles. D’où le nom de porteur sain. De plus, la circulation du virus varie selon les régions et la densité des populations.
Plusieurs études montrent :
-
une séroprévalence significative dans certaines zones
-
un lien entre densité élevée de sangliers et circulation virale
-
un risque accru dans les territoires à forte pression cynégétique
La régulation des populations joue donc indirectement un rôle dans la limitation de la diffusion. A noter que le sanglier meurt rarement de la maladie à l’âge adulte.
Chasse et maladie d’Aujeszky : quels gestes de prévention ?
Pour limiter les risques pour les chiens :
✔ Ne jamais donner d’abats crus
Les viscères de sanglier sont la principale source de contamination.
✔ Éviter le contact prolongé avec un animal blessé
Un chien qui maintient longtemps un sanglier au ferme augmente son exposition.
✔ Porter des gants lors de l’éviscération
Mesure de bon sens pour éviter toute contamination indirecte.
✔ Informer les équipages
La prévention passe par la sensibilisation des conducteurs et chefs de battue.
Maladie d’Aujeszky et réglementation
La maladie d’Aujeszky est classée maladie réglementée chez les suidés domestiques.
En revanche, chez le sanglier, la surveillance repose principalement sur des réseaux sanitaires cynégétiques et vétérinaires.
En cas de suspicion chez un chien après une chasse :
-
contacter immédiatement un vétérinaire
-
signaler le cas aux autorités sanitaires locales et auprès de votre fédération départementale des chasseurs
Faut-il craindre une explosion des cas ?
La maladie n’est pas nouvelle. Puisqu’elle circule depuis des décennies dans la faune sauvage européenne. Cependant :
-
l’augmentation des populations de sangliers
-
l’intensification de la chasse en battue
-
la multiplication des interactions chien-sanglier
peuvent mécaniquement accroître les expositions.
Il ne s’agit pas d’une épidémie incontrôlée, mais d’un risque réel et permanent pour les chiens de chasse. De plus ce risque est presque impossible à localiser et à quantifier géographiquement. Ce qui impose une vigilance permanente vis à vis des chiens.
En résumé
-
La maladie d’Aujeszky est présente chez le sanglier en France.
-
Elle est sans danger pour l’homme.
-
Elle est quasi systématiquement mortelle pour les chiens.
-
La prévention repose essentiellement sur les pratiques de chasse.
Dans un contexte où la gestion du sanglier est déjà au cœur des débats sanitaires (peste porcine africaine, trichine, dégâts agricoles…), la maladie d’Aujeszky rappelle que la vigilance reste essentielle sur le terrain.