Pour comprendre comment les gibiers voient de jour comme de nuit permet et de mieux appréhender leur comportement… Qu’ils soient chevreuils, lièvres ou sangliers, ces gibiers sortent à la tombée du jour des massifs boisés ou des bosquets pour s’alimenter durant la nuit.
Le gibier : une vision très différente de celle de l’homme
Chez la plupart des espèces de gibier, la vision est adaptée avant tout à la survie. Contrairement à vision de l’homme, qui privilégie les détails et les couleurs, les animaux sauvages possèdent une vision davantage axée sur :
- la détection des mouvements
- une vision large de leur environnement
- une bonne perception en faible luminosité
Le chevreuil européen, par exemple, possède des yeux placés sur les côtés de la tête, ce qui lui offre un champ de vision très large, idéal pour détecter un danger. Sa taille lui confère également un avantage.
(A lire également : Chevreuil en France : origine, habitudes, populations et chasse d’un animal emblématique des forêts )
Une excellente vision nocturne
De nombreux gibiers sont actifs à l’aube, au crépuscule ou la nuit. Leur vision est donc particulièrement adaptée aux faibles lumières.
Par exemple, le sanglier, comme beaucoup de mammifères sauvages, dispose d’une structure appelée tapetum lucidum, ou « tapis clair« . Ainsi le Tapetum Lucidum est une couche réfléchissante dont dispose l’œil et qui favorise une bonne vision nocturne. Par exemple, le chat voit parfaitement de nuit grâce à cette caractéristique. En fait, ce tapis clair réfléchis la lumière pour qu’elle traverse la rétine une deuxième fois. Ce qui a pour effet d’augmenter la lumière captée par les photorécepteurs. Donc d’améliorer la vision lorsque la luminosité est faible.
Cette faculté permet donc :
- meilleure perception dans l’obscurité
- capacité à se déplacer efficacement la nuit
- sensibilité accrue aux contrastes
C’est ce qui explique pourquoi ces animaux peuvent être actifs alors que la visibilité est très faible pour l’homme. A noter que le roi de la nuit est le blaireau, son comportement est quasi totalement nocturne. ( A lire également : Ce que vous ignorez sur le blaireau en France pourrait vous surprendre )
Une perception des couleurs limitée
Contrairement à une idée reçue, la plupart des gibiers ne voient pas les couleurs comme nous. Leur vision est souvent dite “dichromatique”.
Cela signifie qu’ils perçoivent principalement :
- les nuances de bleu
- les contrastes
- les variations de luminosité
En revanche, certaines couleurs comme le rouge ou l’orange sont moins bien distinguées. Que les traqueurs et les postés soient donc rassurés !
Chez des espèces comme le Cerf élaphe, la vision est donc moins précise en termes de couleurs, mais plus efficace pour détecter un mouvement.
Une sensibilité extrême aux mouvements
La capacité à détecter le moindre mouvement est essentielle pour la survie des animaux sauvages.
Même à distance, un déplacement brusque peut immédiatement alerter un animal. Cette sensibilité est particulièrement développée chez :
- les cervidés (cerfs et chevreuils)
- les lagomorphes (lapins et lièvres)
- certains oiseaux
Un lièvre commun, par exemple, peut repérer un mouvement à plusieurs dizaines de mètres, même dans une végétation dense.
(A lire également : Le lièvre commun en France : populations, gestion et traditions de chasse (guide complet) )
Une vision adaptée à leur mode de vie
Chaque espèce possède une vision adaptée à son environnement et à ses habitudes.
- Les animaux forestiers privilégient une vision large et sensible
- Les espèces de plaine misent sur la détection à distance
- Les oiseaux ont souvent une vision très développée pour repérer les dangers
Les grives musicienne, par exemple, possèdent une bonne perception des mouvements au sol, essentielle pour trouver leur nourriture et éviter les prédateurs.
(A lire également : Grive musicienne en France : identification, migration et chasse (guide complet) )
Pourquoi les gibiers sont difficiles à approcher
Comprendre la vision des gibiers permet d’expliquer leur comportement souvent méfiant.
Plusieurs facteurs rendent l’approche difficile :
- leur capacité à détecter les mouvements
- leur large champ de vision
- leur adaptation aux faibles lumières
Même lorsqu’ils ne distinguent pas parfaitement les détails, ils peuvent repérer une présence inhabituelle très rapidement.
Une complémentarité avec les autres sens
La vision n’est pas le seul sens utilisé par les gibiers. Elle fonctionne en complément d’autres capacités très développées :
- l’odorat
- l’ouïe
- la perception des vibrations
Chez certaines espèces comme le sanglier, l’odorat reste le sens dominant. Mais la vision joue un rôle clé dans la détection du danger. Bien que le sanglier n’a pas la capacité visuelle d’un chevreuil, son odorat et son ouïe comblent largement ce « défaut ».
Un atout majeur pour leur survie
La vision des gibiers est le résultat de milliers d’années d’évolution. Elle leur permet de s’adapter à leur environnement et d’échapper aux prédateurs.
Même si elle diffère de celle de l’homme, elle reste parfaitement adaptée à leurs besoins :
- voir dans l’obscurité
- détecter rapidement un danger
- s’orienter dans des milieux complexes
Observer ces capacités permet de mieux comprendre le comportement de la faune sauvage et les interactions dans les milieux naturels.